Comment réaliser des changements durables et faciles pour sa santé

Plus vite, plus puissant, plus compétitif, toujours plus… Avez-vous l’impression, vous aussi, de toujours courir après le temps, la perfection ou la performance ?

Les progrès technologiques s’accélèrent depuis quelques décennies. On nous vante sans cesse à quel point ils nous facilitent la vie et nous sauvent du temps.

Pourtant, depuis qu’on a accès à ces ressources, on manque de temps comme jamais auparavant. À force de valoriser la performance et la vitesse, le rythme de nos vies s’est accéléré au point où l’on n’arrive plus à suivre.

Nourris par l’illusion qu’on peut toujours aller plus vite, en faire plus, et en avoir plus, on ne cesse d’ajouter des activités à nos agendas, des biens dans nos demeures, des tâches à nos listes. C’est oublier que seule la technologie gagne autant en performance. L’être humain, lui, n’a pas des capacités élastiques qui s’étirent à l’infini.

Au cours de l’histoire, l’être humain n’a pas évolué du jour au lendemain. Mais plus on entend « Just Do It », « Qui veut, peut », et autres slogans qui nous poussent à en faire et à en vouloir toujours plus et mieux, on finit par y croire bien malgré nous.

On nous conditionne à viser des objectifs irréalistes. Découragés par les échecs qui en résultent, on est alors tentés d’avoir recours aux produits miracles vendu par l’industrie de l’amaigrissement.

À titre d’exemple, au Canada, cette industrie représentait un marché de 6 milliards de dollars américains en 2014. Source Aux États-Unis, ce marché a même dépassé les 50 milliards par année. Source

L’industrie vise des profits toujours plus grands. Afin de s’assurer des revenus continus, on offre des produits et services qui ne mènent qu’à l’échec à long terme. Les personnes qui y ont recours se culpabilisent en pensant que c’est de leur faute. Pourtant, ce n’est pas le cas. Ces produits miracles sont formulés pour ne donner que des résultats de courte durée :

« Les études démontrent en effet que 85 % à 95 % des personnes ayant perdu du poids l’ont repris, et parfois plus, à l’intérieur des cinq années suivant le programme amaigrissant. » Source

La reprise du poids perdu et même plus chez les personnes ayant participé à l’émission américaine The Biggest Loser témoigne du manque d’efficacité des méthodes qui visent des résultats rapides et extrêmes à long terme. Source

Bref, on atteint rarement des résultats extraordinaires sans solutions miracles ou changements drastiques. Mais surtout, le recours à l’un ou l’autre fait en sorte que les résultats obtenus ne durent pas, en plus de nuire à notre santé.

Mais tout n’est pas perdu… Depuis quelques années, on entend de plus en plus parler de l’impact du mode de vie sur la santé.

« Seule une modification des habitudes de vie permet d’améliorer la santé et de stabiliser le poids », vont jusqu’à dire l’Institut de la santé publique du Québec et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains.
Source, source

Les habitudes de vie, qu’est-ce que ça représente au juste ? C’est l’« ensemble d’habitudes qui assurent la survie et l’épanouissement d’une personne dans sa société tout au long de son existence », selon le gouvernement du Québec. Source

Adopter un mode de vie plus sain c’est donc améliorer notre façon de nous alimenter, bouger, dormir, gérer notre stress et d’entretenir des relations sociales harmonieuses, entre autres.

Ça représente un gros programme si on le regarde comme ça, dans son ensemble. Mais c’est possible d’y arriver en procédant graduellement, lentement, à son rythme.

Je n’ai pas de talents ou de pouvoirs spéciaux. Pourtant, j’ai réussi à accomplir et maintenir d’importants changements au fil du temps. J’ai, entre autres :

  • cessé de fumer en 1999
  • commencé à faire de l’exercice régulièrement en 2009
  • suis passée à l’alimentation végétale peu transformée en 2012
  • commencé à pratiquer la méditation de pleine conscience depuis 2015
  • cessé de boire du vin rouge en 2017
  • abandonné la caféine en 2018
  • perdu 25 livres en 2018-2019

Pour réussir, j’ai développé et utilisé des stratégies gagnantes en m’inspirant du minimalisme, de la pleine conscience et de la philosophie Slow.

Simplifier en pratiquant le minimalisme

Selon Larousse, le minimalisme c’est une « recherche de solutions requérant le minimum d’efforts, de bouleversements ». Source

En m’inspirant du minimalisme, j’ai appris à simplifier mes objectifs, mes attentes, mes stratégies. Le résultat ? Plus de facilité et moins de stress pendant le processus de changement, des succès plus fréquents, et plus de confiance en moi et ma capacité d’adaptation. Et l’atteinte et le maintien à long terme de mes objectifs.

On l’appelle aussi « simplicité volontaire » et on l’associe aux concepts de « décroissance » et de « développement durable ». Ce mode de vie consiste à réduire le surplus dans sa vie et ainsi libérer de l’espace physique et mental pour se concentrer sur l’important pour soi. On diminue sa consommation et l’accumulation de biens matériels, on cesse d’essayer de tout faire et d’être tout pour tout le monde.  

Contrairement à ce qui est valorisé, on n’a pas à éprouver de honte à privilégier facilité et plaisir. Quelques objectifs concrets qui prennent en considération nos habitudes actuelles suffisent pour amorcer des changements et les accomplir.

Misez sur le moment présent avec la pleine conscience

Cette pratique consiste à porter son attention sur l’instant présent. On cesse par le fait même de se concentrer sur le passé ou le futur.

Prendre conscience du moment présent c’est aussi prendre le temps de s’observer dans l’action, pour remarquer ses forces et limites. C’est remarquer les bienfaits produits par ses gestes et ses comportements. Apprécier ses progrès et chacune de ses petites victoires, un jour à la fois, pour développer sa confiance en soi. Vivre pleinement sa vie. Éviter de se comparer à ce qu’on voit sur les médias sociaux. Prendre la pleine mesure de ses progrès en se comparant seulement à soi-même.

Respectez votre rythme grâce à la philosophie Slow

Nos rythmes de vie effrénés nous poussent à toujours vouloir aller plus, le plus vite possible, au détriment de notre santé mentale et physique. Le mouvement Slow a débuté en Italie en réponse à l’ouverture prévue d’une chaîne de restauration rapide à Rome. Il s’étend maintenant à la science, au développement urbain, au voyage, à la famille et plusieurs autres domaines. On y valorise la qualité au lieu de la quantité, et les valeurs humaines au lieu des valeurs commerciales.

Appliquer la philosophie Slow à sa santé, c’est ralentir pour repenser ses véritables priorités et y accorder du temps. Accepter le fait que chaque changement demande patience et efforts. En persévérant et en progressant de façon graduelle, on réussit à apprivoiser le changement. On évite ainsi que le corps et le mental ne réagissent par une blessure lors d’une activité physique trop intense, ou une reprise de poids après la fin d’un régime.

En résumé

C’est possible de réaliser des changements de façon agréable et durable en adaptant la façon de s’y prendre. Les clés ? Se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire ses propres priorités. Prendre conscience de ses réactions, ses forces, ses limites et ses succès, pour en tirer des leçons et ainsi mieux se connaître et s’apprécier. Ralentir pour trouver son rythme naturel et sa vitesse de croisière. Le bon rythme, c’est celui où l’on progresse, sans trop d’efforts ni sans s’ennuyer.

Pour une meilleure santé et des changements durables, simplifiez-vous la vie en privilégiant des changements en mode « lentement mais sûrement ». C’est la clé du succès!